Daniel et Florence Guerlain,


la passion du dessin   


Le Centre Pompidou expose, du 16 octobre au 31 mars, une partie de votre donation de mille deux cents dessins. Votre collection et la Fondationd’art contemporain Florence et Daniel Guerlain qui décerne le prix sont distinctes, mais existe-t-il desliens entre les deux ?

Cette donation nous conforte dans l’idée que la collection a dynamisé le Prix de dessin et vice-versa, dans le sens où rechercher chaque année de nouveaux artistes à sélectionner nous a conduits à en rencontrer davantage qu’en tant que collectionneurs. Parmi les lauréats, ou les nominés d’ailleurs, nous avons ainsi fait des acquisitions que nous retrouvons dans la collection présentée au Centre Pompidou.


Cette exposition renforce-t-elle aussi la visibilité du Prix ?

Peut-être, mais il nous semble qu’elle est déjà acquise, notamment sur le plan international. Nous avons toujours tenu à nous entourer de collectionneurs venant de différents pays et, chaque année, nous choisissons un jury différent constitué de quatre étrangers et cinq Français pour apporter au Prix une ouverture supplémentaire.

Pour 2014, nous accueillons par exemple des collectionneurs chinois et brésilien, qui s’ajoutent à un Américain et une Italienne. Avant de faire entrer un nouveau membre, nous visitons toujours sa collection et il est souvent arrivé que nous ayons des artistes en commun. Pour l’an prochain, nous avons déjà regardé vers la ville de Chicago, où deux collectionneurs possèdent notamment des dessins de Jorinde Voigt et Sandra Vásquez de la Horra, qui ont été deux de nos lauréates. C’est très agréable de découvrir une certaine harmonie de goût.


Le choix des artistes est aussi très international…

Tout à fait et, pour nous, il n’est plus question de frontières entre les plasticiens car lamondialisation existe aussi chez eux. Parfois, on nous a reproché de ne pas promouvoir suffisamment d’artistes français, mais cela n’est pas la vocation première de notre prix, dont le lauréat dépend de l’impartialité totale du jury.


Une exposition est aussi toujours un temps d’arrêt qui permet de relire les choses.

Voir vos œuvres accrochées ensemble au Centre Pompidou pourrait-il orienter différemment les futurs Prix de dessin ou êtes-vous dans une continuité ?

Nous sommes dans une réelle continuité et notre donation au musée n’enlève rien à notre autonomie de collectionneurs ou d’organisateurs du Prix de dessin. Nous choisissons toujours les artistes dont nous admirons le travail, comme le montrera la suite de cette donation, que nous réaliserons dans quelques années.


Interview Marie Maertens


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